Phobies :

Pourquoi la méthode forte ne marche pas (et comment la TCC peut vous sauver).

 

S'il y a bien une chose qui a le don de m'agacer, ce sont les clichés sur le traitement des phobies. Vous avez sûrement déjà vu ça dans un film ou un reportage télé : une personne terrifiée par le vide qu'on pousse au bord d'un précipice, ou un arachnophobe sur qui on pose une tarentule géante en lui disant « Regarde, elle ne va pas te manger ».

Laissez-moi vous dire une chose : c'est la pire méthode possible.

Si vous souffrez d'une phobie - que ce soit la peur de prendre l'ascenseur, de conduire sur l'autoroute, de croiser un chien ou de faire une crise de panique au milieu de la foule (l'agoraphobie) - , la méthode forte ne fera qu'amplifier votre traumatisme.

Forcer le destin en faisant une « grande sortie » héroïque pour vous prouver que vous en êtes capable, c'est le meilleur moyen de faire une attaque de panique monumentale... et de vous enfermer chez vous les trois mois suivants.

Alors, comment on s'en sort vraiment ? Grâce à la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) et à la politique des petits pas.

Le piège de la phobie : Le cercle vicieux de l'évitement

Une phobie, ce n'est pas juste « avoir peur ». C'est une peur disproportionnée qui prend les commandes de votre vie. Et pour ne pas ressentir cette terreur sans nom, vous mettez en place une stratégie très humaine : l'évitement.

Vous ne prenez plus l'autoroute, vous passez par les petites routes (ce qui vous prend deux fois plus de temps).

Vous refusez ce super poste parce qu'il est au 12ème étage d'une tour en verre.

Vous demandez à vos proches de faire les courses à votre place.

Sur le moment, éviter soulage. On ressent un immense ouf de soulagement. Mais à moyen terme, c'est un piège absolu. Plus vous évitez une situation, plus votre cerveau l'enregistre comme « mortellement dangereuse ». Votre périmètre de liberté se réduit de jour en jour. La phobie gagne du terrain parce que vous reculez.

La TCC en visio : Une avancée progressive, mesurée et douce

En tant que spécialiste de la TCC, mon job n'est pas de vous jeter dans la gueule du loup. Mon job, c'est de construire une échelle avec vous, barreau par barreau. On appelle ça l'exposition progressive.

Et la bonne nouvelle, c'est que nous faisons tout cela ensemble, à distance, en visio. Pour quelqu'un qui a du mal à sortir de chez soi, c'est l'idéal : pas besoin de rajouter le stress de traverser la ville pour aller dans un cabinet. Vous êtes dans votre environnement sécurisant, et c'est de là que nous lançons nos opérations.

L'idée est de rééduquer votre cerveau en lui montrant qu'il peut traverser l'inconfort sans que le monde ne s'effondre. Mais on le fait à votre rythme :

Si vous êtes agoraphobe, on ne va pas commencer par aller au supermarché un samedi après-midi.

Pendant notre séance en visio, confortablement installé(e) chez vous, on va commencer par imaginer la situation en utilisant des outils de sophrologie pour apprendre à votre corps à rester calme.

Ensuite, votre défi après la séance sera peut-être de descendre simplement en bas de votre immeuble ou sur votre trottoir pendant 5 minutes, pendant que je valide votre plan d'action à distance. Puis ce sera 10 minutes, puis le bout de la rue.

Chaque étape doit être répétée jusqu'à ce qu'elle devienne ennuyeuse. Oui, vous avez bien lu : le but de la thérapie, c'est de rendre la situation banale.

Le deal : On avance ensemble, mais c'est vous qui marchez

Vous l'aurez compris, guérir d'une phobie demande de la régularité. Une grande action d'éclat une fois par mois ne sert à rien. Ce qui paie, c'est la répétition de petites actions ordinaires.

Derrière nos écrans, nous formons une vraie équipe. Je valide votre peur, je comprends à quel point elle vous paralyse et je ne minimiserai jamais votre souffrance (je sais d'où je parle). Je serai là pour concevoir votre plan d'attaque sur-mesure et vous donner les clés pour gérer la vague d'anxiété.

Mais le deal reste le même : une fois l'ordinateur éteint, c'est vous qui marchez. C'est vous qui devrez monter les barreaux de l'échelle dans votre quotidien. Je ne peux pas faire les petits pas à votre place.

Alors, vous êtes prêt(e) à arrêter de reculer et à reconquérir votre liberté, un écran et un petit pas après l'autre ?